Gratuit pour les moins de 13 ans. Ouvert tous les jours de 10h à 22h, le jeudi jusqu'à 20h, fermé le mardi hors vacances scolaires. Ouvert de 9h à 23h tous les jours pendant vac.scol.
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Picasso se forme très tôt aux règles strictes de la pratique académique auprès de son père, José Ruiz-Blasco. Dessins d’après l’Antique, copies de toiles des grands maîtres espagnols... sont au coeur de cette formation, enracinée dans la tradition picturale humaniste qui nous rappelle que Picasso est un peintre né au XIXe siècle. Académies, peinture d’histoire, scène de genres, peinture officielle... forment le quotidien, la référence et la perspective de son apprentissage. L’oppression ressentie par Picasso, jeune artiste virtuose, qui ne dessina jamais comme un enfant nourrira pour longtemps un désir de subversion qui le conduisit à la plus radicale des innovations formelles, le Cubisme, comme à la fondation de l’art moderne. A la fois jeune maître académique et acharné destructeur des formes établies, Picasso mena sans discontinuer un dialogue tendu avec la grande tradition de la peinture. Il opère depuis sa première grande composition à sujet allégorique, Derniers Moments, jusqu’aux dernières toiles d’après Vélasquez, Titien et Rembrandt, où règnent sous les masques de mousquetaires, musiciens et matadors, le motif d’un autoportrait obsessionnel. La période des « variations » d’après Delacroix, Vélasquez ou Manet, forme l’épisode le plus connu de cette démarche de relecture critique qui traverse son oeuvre. Quelque 210 oeuvres se trouvent rassemblées pour l’occasion. Confrontant passé et présent, l’exposition présente dans un parcours croisant approches thématique et chronologique, au gré de la peinture de Picasso et en la prenant pour seul guide : Greco, Vélasquez, Goya, Zurbarán, Poussin, Le Nain, Chardin, David, Ingres, Delacroix, Manet, Courbet, Lautrec, Degas, Cézanne, Renoir, Gauguin, Douanier Rousseau, Titien, Cranach, Rembrandt, Van Gogh. Ces peintres forment la trame plurielle d’un motif serré où la peinture apprend de la peinture. Un cannibalisme pictural sans précédent est à l’oeuvre dans la démarche de Picasso qui érige en système, la peinture de la peinture. En rupture avec les procédés académiques de transmission et de reproduction de la tradition, cette méthodologie nouvelle place la peinture au coeur de la connaissance du monde. Transposition, mimétisme, détournement, dénaturation forment quelques unes des figures de la stratégie déployée par Picasso à l’égard de ses peintres de prédilection. Il aura ainsi fécondé le modus operandi de la création moderne et contemporaine, la tirant aussi parfois du côté de la duplication perverse, de l’ironie et du pastiche.